Déportés et diplomates. Les négociations diplomatiques des suites de la déportation, 1945-2001

Research output: ThesisDoctoral Thesis

Abstract

Sciences-Po ParisRésumé du mémoire de recherche déposé pour une Habilitation à diriger des recherchesPar Jean-Marc DreyfusDéportés et diplomatesLes négociations diplomatiques des suites de la déportation,1945-2001Ce mémoire de recherche décrit et analyse les négociations diplomatiques entreprises et conclues par les diplomates français sur tous les sujets traitant des suites de la déportation, et ceci sur la période s’étendant de l’immédiat après-guerre (la capitulation du IIIème Reich) jusqu’à janvier 2001, date de la signature de la convention franco-américaine sur le dédommagement des victimes françaises des spoliations antisémites. Une douzaine de négociations sont ainsi décrites, portant sur des sujets variés. Au moins la moitié d’entre elles n’avaient jamais été l’objet d’une recherche. La plupart de ces négociations furent bilatérales, entre la France et la République Fédérale d’Allemagne. Des discussions multilatérales portèrent sur des problèmes précis, comme le dédommagement des victimes non allemandes du national-socialisme. La dernière série de négociations étudiée dans le mémoire témoigne d’un changement net puisqu’il s’est agi de discussions franco-américaines.L’introduction tente de replacer ces négociations dans un cadre théorique, celui de la philosophie des relations internationales, et s’interroge sur la nature de celles-ci : rentrent-elles dans le cadre de l’école réaliste ou bien dans celle de l’école idéaliste ?Afin d’étudier l’adéquation entre l’outil diplomatique – les diplomates eux-mêmes ainsi que l’organisation des ministères des Affaires étrangères – et les négociations en cours, le premier chapitre décrit l’application des politiques antisémites aussi bien au ministère allemand des Affaires étrangères à partir de 1933, qu’au Quai d’Orsay dès octobre 1940. Le second chapitre décrit le rôle du Quai d’Orsay dans la diffusion de l’information sur les camps à partir de l’automne 1944 et aussi dans l’organisation du rapatriement des déportés. Est ensuite détaillé la création du Service International de recherches d’Arolsen, placé sous le contrôle non contraignant d’une Commission internationale formée de diplomates occidentaux.Le chapitre troisième étudie la création et le fonctionnement de la Mission française de recherches des corps. Il s’agissait de rechercher et éventuellement de rapatrier les corps des personnes déportés de France (et pas seulement des déportés de nationalité française) qui étaient tombées en Allemagne. Le nombre de corps réclamés ne fut pas très élevé, les fours crématoires dans les camps de concentration ayant fait leur office. En fait, la Mission rechercha surtout les corps des détenus assassinés ou tombés lors des marches de la mort. Elle entreprit de travailler dans toutes les régions d’Allemagne dès 1945. En 1954, pour lui permettre de continuer ses recherches alors que la RFA avait regagné presque l’entièreté de son indépendance nationale, une convention franco-allemande fut signée.Le quatrième chapitre étudie la place des questions liées aux suites de la déportation dans les grandes conférences internationales d’après-guerre. A Paris, à Moscou (conférences sur les réparations), à Londres (conférence sur les dettes extérieures allemandes), à Luxembourg (conférence sur les réparations à l’Etat d’Israël et aux représentants du judaïsme mondial), les dédommagements aux victimes du nazisme furent discutés.La Commission tripartite pour la restitution de l’or monétaire est décrire dans le chapitre cinq. Cette commission, installée à Bruxelles, a travaillé à redistribuer aux Etats l’or volé par le régime nazi. Ce travail considérable a pris des décennies et n’était pas terminé complètement en 1995, lorsque des polémiques furent déclenchées sur la question.Le chapitre six considère l’épuration des diplomates nazis et la reconstitution d’un ministère des Affaires étrangères à Bonn. La Commission arbitrale sur les biens et intérêts privés en Allemagne et la Cour suprême des restitutions sont décrites dans le chapitre sept du mémoire. Ces instances ont été créées par le traité de 1954 sur les grandes questions liées à la guerre et permirent le maintien d’un certain contrôle des Alliés occidentaux sur les processus de restitution et de réparation.Les chapitres huit et neuf décrivent les longues négociations franco-allemandes sur le dédommagement des victimes françaises du national-socialisme. Ces discussions furent conclues avec la signature de l’accord de juillet 1960 par lequel l’Allemagne Fédérale s’engageait à apporter 250 millions de deutschemarks au gouvernement français, à charge pour ce dernier de les distribuer aux survivants ou aux ayants-droits. Le chapitre dix décrit le difficile maintien d’un contrôle international sur le Service de recherches d’Arolsen, tandis que le chapitre onze traite du retour des grandes questions liées à la Shoah et à la déportation dans les années 1970, et particulièrement des négociations avec la RDA et de la question du jugement des criminels de guerre nazis.Enfin, le chapitre douze décrit la résurgence de la question des biens spoliés, à partir de 1995, les conférences internationales qui ont voulu régler ces questions et la négociation de l’accord franco-américain de 2001.

Bibliographical metadata

Original languageEnglish
Awarding Institution
  • IEP Paris
Publisher
  • IEP Paris
StatePublished - 7 Jun 2013